Vous voulez rencontrer quelqu'un, et la ville ne facilite rien. Le métro à l'heure de pointe, un bar où tout le monde parle en même temps, une table de dix un samedi soir. Vous suivez une conversation sur deux, vous hochez la tête, vous laissez filer le reste. Ce n'est pas de la timidité, c'est de la fatigue, et à force on sort moins.
Sur SourdAmour, ce tri permanent s'arrête. Tout le monde ici est sourd, malentendant, oraliste ou signant, et personne ne réclame d'explication. Les échanges passent par l'écrit, donc rien ne se perd en route. L'inscription et la découverte des profils sont gratuites ; pour écrire à quelqu'un, il faut un abonnement.
La région aide, pour une fois. L'Institut national de jeunes sourds, rue Saint-Jacques, forme et rassemble depuis le XVIIIe siècle. La Fédération nationale des sourds de France y a son siège. Des cafés signes s'organisent régulièrement dans plusieurs arrondissements. Vous n'êtes pas seul dans votre coin, vous êtes seulement dispersés.